Bonjour les petits,
Il y a quelques semaines déjà, Bombay était en émoi pour célébrer son dieu favori : Ganesh.
Des dieux hindous, il est sans comparaison le plus populaire. Rien de plus normal si on connait son histoire :
Shiva revenu après de longues années de méditation trouve dans son antre un jeune homme. Un peu sur les nerfs, il décapite celui qu'il prend pour l'amant de sa femme. Erreur, ce garçon était son fils. Pour se pardonner, Shiva tranche la tête d'un éléphant et la place entre les deux épaules vierges de son rejeton. Une trompe en cadeau pour s’être trompé.
C’est le dieu de la sagesse, de l’intelligence, du savoir et des travailleurs. A Bombay, c’est une super star. Son image est dans tous les commerces, dans tous les rickshaw, dans toutes les maisons.
Une fois par an, pendant dix jours, on le célèbre comme il se doit. Partout, on installe de grands abris et on y loge une idole en plâtre en son honneur. Toutes les familles hindoues se cotisent pour en avoir une à proximité. Les fidèles défilent alors devant l’éléphant aux 4 bras, lui donnent des offrandes et le couvrent de billets. La ville se baigne dans une ambiance particulière. Les statues ont différentes tailles, de la petite familiale à la gigantesque payée par le politique du coin.
Toute la beauté de ce festival arrive à sa clôture. Les répliques de leur divinité doivent être immergées pour que l’eau les détruise. On célèbre ainsi la fin d’un cycle et le début d’un nouveau plein de promesses et d’espoirs.
Ce jour-là, Mumbai s’agite. Les processions de fidèles emportent leur Ganapati (Ganesh) jusqu’à la plage la plus proche. « Ganapati bappa morya ! Mangal moorti morya ! » (« Père Ganapati/Ganesh, reviens-nous ! Toi qui portes chance, reviens-nous ! »), crient-les festivaliers tout en se déhanchant aux rythmes des percussionnistes précédant chaque cortège. Le temps d’un instant, toutes les classes de la population se mélangent dans un feu d’artifice de couleurs et de joie.
Au milieu de ces convois, je ne savais plus où donner de la tête. On m’interpelait sans cesse pour que je me joigne à la danse, pour que je me remplisse de leur fête. La foule est épaisse et m’entraine dans son flot.
Arrivée sur la plage, quelques mantras (prières) sont récités et on pousse les statues dans l’océan jusqu’à l’immersion. Ma taille m’offre une vue panoramique sur la grève. Plus d’un millions de fidèles se sont réunis aujourd’hui… et pas un blanc à l’horizon. On s’assoie sur le sable et un chai wallah nous apporte un verre de thé.
La nuit tombe et le spectacle gagne en intensité. Des fusées de feux d’artifices sont lancées un peu partout, de gros projecteurs éclairent la rive. De plus en plus de Ganesh s’agglutinent. La soirée va être longue.
12 000 statues ont été immergées ce jour là sur Chowpatti Beach (malheureusement de quoi polluer encore un peu l’Océan de peintures toxiques).
Je rentre chez moi, la musique bourdonne encore dans mes oreilles. Vraiment l’Inde est un pays plein de surprises dont je n’ai aperçu jusque là qu’un bref éclat.
Portez vous bien.
PS : Vous trouverez dans l'article précédent les photos : http://tcheaupaysduchai.kazeo.com/photos-4-ganapati/photos-4-ganapati,g700727.html